lundi 12 octobre 2009

Neil YOUNG Journey Through The Past

Un artiste hors du commun, véritable caméléon musical capable de passer d’un extrême à l’autre tout au long de sa carrière : de l’acoustique fragile à l’électrique le plus violent.

LES PREMICES

Né à TORONTO, élevé à WINNIPEG par sa mère, Neil YOUNG est un enfant perturbé par la séparation de ses parents, replié sur lui-même, qui va trouver refuge dans la musique avec l’apparition du Rock and Roll et nouer par ce biais des relations jusqu’alors inexistantes avec ses congénères.

Son premier groupe s’appelle The JADES dont il n’existe aucune trace discographique. Le second The SQUIRES, au répertoire exclusivement instrumental, publie en 1963 un 45 tours « The Sultan/Aurora ». Si vous le voyez faites-moi signe !


BUFFALO SPRINGFIELD

En 1965, alors que les SQUIRES se produisent sur la scène du club Fourth Dimension, Neil va faire une rencontre qui va changer sa vie en assistant à la prestation du groupe vocal THE COMPANY qui partage l’affiche et dont le chanteur et guitariste est un petit blond nommé Stephen STILLS. Ce dernier évoque la possibilité qu’ils montent un jour un groupe ensemble.
La concrétisation du projet aura lieu quelques mois plus tard, alors de Neil est à la recherche de Steve, en plein milieu d’un embouteillage sur Sunset Boulevard à LA. Neil est dans un corbillard, le second en sa possession ( !), en compagnie de Bruce PALMER, STILLS de son côté est avec Richie FURAY et le producteur Barry FRIEDMAN. Il leur manque un batteur, ce sera Dewey MARTIN qui a joué avec Roy ORBISON, l’une des idoles de Neil Young. La machine est en route.

Buffalo Springfield (1967) Neil a du mal à faire entendre sa voix, sur les cinq titres qu’il compose il n’en chante que deux « Burn » et « Out Of My Mind », les autres sont interprétées par Richie FURAY.

Buffalo Springfield Again (1967) La bataille d’égo entre STILLS et YOUNG prend son essor. Les trois chansons de Neil YOUNG font partie des standards du canadien « Expecting To Fly » ballade aérienne à la voix haut perchée, « Mr Soul » rock dérivé du « Satisfaction » des STONES et « Broken Arrow » sa première fresque épique de 6’13, collage de plusieurs bouts de chanson, qu’il enregistre en solitaire sur des arrangements de Jack NITZSCHE.

Last Time Around (1968) Paru alors que la rupture est consommée, on constate sur la pochette que Neil ne regarde déjà plus dans la même direction. C’est un peu l’album de la revanche pour Richie FURAY le parent pauvre des deux premiers. Neil offre trois titres, l’exquise ballade « I Am A Child », « On The Way Home » qu’on retrouvera sur le Live « Four Way Street » de CSN&Y et « It’s So Hard To Wait » co-signé FURAY et chanté par ce dernier.

CSN&Y


Voir « Focus on Crosby, Stills, Nash (and Young) » sur le site COOLNIGHT de Bruno FABRIGUES.

La carrière SOLO

NEIL YOUNG (1969) Un album essentiellement acoustique à tendance Folk, limite insipide, ,overdubé sur plusieurs titres, une ébauche encore vague des œuvres futures. Deux ou trois titres valent la peine de s’y attarder « The Loner » une composition rythmée dédiée à Stephen STILLS qui la reprendra sur son album « Illegal Stills », la ballade « What Did You Do With My Life » et « The Last Trip To Tulsa » longue fresque un peu vaine de 9’25 aux accents Dylaniens. Omniprésence de Jack NITZSCHE aux arrangements.

EVERYBODY KNOWS THIS IS NOWHERE (1969) Neil YOUNG veut être accompagné par un vrai groupe et contacte THE ROCKETS qu’il a connu un an plus tôt au Whisky A Gogo. Il les rebaptise CRAZY HORSE, Danny WHITTEN tient la guitare, Billy TALBOT la basse et Ralph MOLINA la batterie. Le moins que l’on puisse dire c’est que la donne change. L’un de ses meilleurs albums aujourd’hui encore avec deux morceaux de bravoure incontournables « Down By The River » « Cowgirl In The Sand » avec ce style de guitare saccadé et fascinant. Et un « Cinnamon Girl » inaltérable.


AFTER THE GOLD RUSH (1970) Neil YOUNG fait son cinéma mais le film n’est jamais sorti. Un mix des deux précédents à cheval entre l’acoustique « Only Love Can Break Your Heart » et l’électrique « Southern Man » avec une petite ballade « Till The Morning Comes », mineure mais entêtante et un autre cheval de bataille « Don’t Let It Bring You Down ». Crazy Horse avec le renfort de Steve STILLS (vocal), Greg REEVES (basse) et Nils LOFGREN (piano).

HARVEST (1972) Le plus connu, même mon arrière-grand-père l’écoutait en boucle entre un Edith PIAF et un Luis MARIANO. Un nouveau groupe nommé STRAY GATORS, composé de Ben KEITH (guitare) Tim DRUMMOND (basse) et Kenny BUTTREY (batterie). Ca commence avec un titre lancinant à sa manière « Out On The Weekend » et tout le reste sonne comme une collection de standards indémodables mais aussi réducteurs dans l’esprit collectif « Old Man » « Alabama » « A Man Needs A Maid » « The Needle And The Damage Done », message à l’attention de Danny WHITTEN en pleine addiction, « Heart Of Gold » ou encore « Words (Between The Lines Of Age » long morceau envoûtant avec STILLS et NASH dans les chœurs.

FADES AWAY (1973) Neil n’aime pas être là où on l’attend et nous le prouve dès cet album Live aux antipodes du précédent. Un son brut et crade avec le spectre de Danny WHITTEN qui plane sur tout l’album : convié aux répétitions de la tournée, il s’avère dans l’incapacité de jouer, Neil le vire et apprend le lendemain son décès par overdose. Ca plombe l’ambiance et la tournée se révèle chaotique avec un challenge supplémentaire puisque Neil YOUNG a décidé de ne proposer que de nouveaux titres. Les musiciens sont un mélange de CRAZY HORSE et de STRAY GATORS, avec Jack NITZSCHE et CROSBY et NASH en renfort de sa voix défaillante. L’album est introuvable en Cd au grand dam de ses admirateurs (dont mézigue) qui ont même signé une pétition sur internet. Ecoutez « Don’t Be Denied » « Younder Stands the Sinner » ou encore l’épique « Last Dance » et vous comprendrez pourquoi. Collector’s item.

ON THE BEACH (1974) Malgré le titre c’est pas vraiment matelas sur la plage au soleil. La mort par overdose du roadie Bruce BERRY et la séparation avec sa femme provoquent une crise d’introspection en terrain favorable. Cet album est le deuxième de la trilogie macabre, bien qu’il fût enregistré après le prochain à paraître. Si l’on fait abstraction des paroles, fastoche si pas totalement bilingue, l’album reste l’un des meilleurs du loner : « Revolution Blues » « Ambulance Blues » « On The Beach » ou encore « See The Sky About To Rain » qui figurait sur l’album de réunion des BYRDS originaux en 73.

TONIGHT’S THE NIGHT (1975) Pochette noire plutôt morbide avec un Neil hirsute. Un enregistrement entre fumette et ivresse qui délivre un album sans compromis que l’entêtant titre éponyme ouvre et clôture. « New Mama » que reprendra Stephen STILLS sur l’album « STILLS » paru la même année. Un album clef dans sa carrière et dans le Rock des années 70.
ZUMA (1975) CRAZY HORSE est remis en selle avec l’arrivée du guitariste Frank SAMPEDRO, ce qui donne lieu à des échanges de guitares jouissifs « Cortez The Killer » « Danger Bird » « Drive Back ». « Through My Sails » est issu des sessions avec CS&N pour l’album « Human Highway » dont le projet fût abandonné.

AMERICAN STARS’N BARS (1977) Sorti après la parenthèse malheureuse du STILLS-YOUNG BAND qui accoucha d’un album médiocre, cet opus est un peu fait de bric et de broc mais a le mérite de contenir le fabuleux « Like A Hurricane » et le plaisant « Will To Love ». On notera la présence de Linda RONSTADT et de Nicolette LARSON et celle du morceau « Homegrown » qui devait être le titre d’un album à paraître après « ON THE BEACH ».

DECADE (1977) Une excellente rétrospective en 2 Cd’s qui permet de retrouver des titres emblématiques, toutes époques confondues, ainsi que 6 morceaux rares ou inédits. Recommandé si novice.



COMES A TIME (1978) Retour à l’acoustique avec cet album qui renoue avec le côté Folk de « HARVEST ». On retrouve « Lotta Love » qui devait figurer sur l’album précédent mais dont il avait offert la primeur à Nicolette LARSON également présente ici. La chanson « Look Out For My Love » est irrésistible.

RUST NEVER SLEEPS (1979) Alors que les punks mènent leur entreprise de déstabilisation , Neil YOUNG revient avec un album genre miroir à deux faces, l’une acoustique, l’autre électrique avec un CRAZY HORSE à la chevauchée fantastique « Powderfinger » « Sedan delivery ». L’album décline un hymne en deux volets « My My, Hey Hey (Out Of The Blue) » « Hey Hey, My My (Into The Black) » qui célèbre à la fois Johnny ROTTEN (SEX PISTOLS) et Elvis PRESLEY.


HAWKS AND DOVE (1980) Un album country engagé mais mélodiquement inerte qui préfigure la période d’errances qui va suivre.

RE-AC-TOR (1981) Un album branché sur le 220 volts mais qui s’épuiserait plus vite qu’une batterie de portable. Encore plus vide que le précédent, l’album ne fait du bruit que dans les haut-parleurs.

TRANS (1982) Nouvelle métamorphose avec cet album électronique qui marque son entrée chez GEFFEN records. La voix passée au Vocoder a du mal à passer mais le titre « Like An Inca » rejoint les classiques à rallonge de l’indien.

EVERYBODY’S ROCKIN’ (1983) Nouveau changement de cap avec un opus Rockabilly dont il est difficile de sauver un titre. GEFFEN ne lui réussit pas.

OLD WAYS (1985) Un album de Country à l’ancienne sur lequel on rencontre Waylon JENNINGS et Willie NELSON. Plutôt insipide à l’exception de « Misfits », vraie pépite isolée.

LANDING ON WATER (1986) L’album le plus vain de sa carrière, inclassable et c’est bien là que le bât blesse.

LIFE (1987) Pour son dernier album pour GEFFEN Neil YOUNG reprend vie, et s’il nous offre un album de convalescent, le titre « Inca Queen » laisse espérer un retour d’inspiration en berne depuis la fin des seventies.

THIS NOTE’S FOR YOU (1988) Retour chez REPRISE avec cet album de la réhabilitation qui offre une incursion dans des contrées jazzy inexplorées jusqu’ici « Coupe De Ville » « One Thing » avec les cuivres des BLUENOTES ou encore « Can’t Believe Your Lyin’ ».

FREEDOM (1989) Neil YOUNG clôture les années 80 avec brio en nous offrant son meilleur album depuis « RUST NEVER SLEEPS ». « Rockin’ in The Free World » ouvre et clôture les débats en acoustique et en électrique comme dans ce dernier. Nouveau titre épique avec « Crime In The City (Sixty To Zero Part 1) » et 3 titres rescapés du mini-album « ELDORADO » paru exclusivement au Japon et en Australie « Don’t Cry » « Eldorado » et une reprise du hit des DRIFTERS « On Broadway ». Son meilleur album de la décade.

RAGGED GLORY (1990) CRAZY HORSE et Neil YOUNG de nouveau ensemble pour un album bourré d’électricité prétexte à des envolées instrumentales enflammées même s’il ne retrouve qu’épisodiquement la profondeur de « EVERYBODY KNOWS » et la passion de « TONIGHT’S THE NIGHT » : « Love To Burn » « Mansion On The Hill » « Love And Only Love ».


HARVEST MOON (1992) Neil YOUNG retrouve la veine bucolique de « HARVEST » dans une version acoustique en compagnie des STRAY GATORS avec un sens mélodique inaltéré « War Of Man ».


SLEEPS WITH ANGELS (1994) Retour de l’électricité avec CRAZY HORSE pour son dernier grand album à mes oreilles. « Change Your Mind » et ses 14’39” retrouve les accents majeurs de « Down By The River » et de « Cowgirl In The Sand » avec une guitare incandescente.

1 commentaire:

Homesick in Paradise a dit…

Bonjour Philippe, merci de ta visite sur mon blog. Je mets un lien vers ta rétrospective!

 

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