dimanche 23 novembre 2008

LES MEFAITS DE LA TELEVISION

Nous venions de faire l'amour pour la troisième fois, quand Ghislaine consulta sa montre-bracelet :
- Mince le film est commencé depuis cinq minutes...et elle s'arracha du lit pour se précipiter dans le salon. Je restais comme un imbécile maudissant cette stupide invention du vingtième siècle qui, non seu­lement me privait du plaisir, mais encore rendait ma femme ingrate et m'humiliait par la même occasion. Ce n'était pas la première fois, souvent les programmes télé stoppaient net toute tentative de ma part et ma femme était du genre accro qui regardait le petit écran jusqu'à la fin des émissions. Cependant, ce soir-là ce fut la goutte qui fait déborder le vase : il me fallait trouver une solution ! Le lendemain, je décidais de bricoler l'appareil avant son arrivée. Ma femme, très tendre l'après-midi, reprit ses distances le soir venu : il y avait, me dit-elle, une émission qu' elle ne voulait rater à aucun prix. Cette fois j'accueillis la nou­velle avec bonhomie, je savais que les jours de grève Ghislaine devenait une affamée de sexe et ce soir serait encore plus favorable car il n'y aurait pas de programme minimum. J'accom­pagnais ma femme au salon, sourire aux lèvres, et me servis un petit Scotch. A peine avait-elle allumé le récepteur qu'après deux ou trois phrases lues sur le prompteur par Laurence FERRARI l’appareil courcicuita. Ma femme se tourna vers moi le visage consterné. Je mis le mien au diapason et déclarais de mon air le plus hypocrite:
- Ah non, pas ce soir ! Attends chérie, je m’en occupe. Et je cou­pais l'appareil pour le rebrancher aussitôt. Aucun résultat, et pour cause. Je jubilais intérieurement tout en jouant les êtres atterrés. Ma femme, quant à elle, commençait à avoir les larmes aux yeux. Je mis mon bras autour de ses épaules, et fis mine de m'apitoyer sur son sort. Comme je commençais à la caresser pour meubler la soirée, elle se redressa et son visage s'illumina:
- Le dépanneur!
Et elle se précipita sur son répertoire téléphonique. Je déchantais aus­sitôt : ma femme avait eu la fâcheuse idée d'acheter son téléviseur dans une enseigne qui assurait le dépannage immédiat, 24h sur 24. Ce qui fût fait.
C’est alors que la folie ou quelque-chose de voisin s’empara de mon esprit. J'avais sans cesse devant les yeux l'image du dépanneur en train de réparer la télé tandis-que ma femme souriait aux anges. Les jours passaient et les soirées étaient toutes identiques les unes aux autres. Quand à moi, je ne pouvais pas faire sauter la télé tous les soirs, et quand bien même avec ce maudit système après-vente ! J'étais à ce point privé d'amour qu'un plan diabolique germa dans mon esprit : faire sauter la télé, d'accord ! mais empêcher toute réparation immédiate ! Le lendemain je bricolais de nouveau la télé, puis cher­chais l'adresse du réparateur dans le carnet de Ghislaine. Une fois trouvée, je me rendis dans ses locaux.

Meurtre par strangulation fut le verdict du médecin légiste et dix ans de prison celui du procureur.
Pris sur le fait, je n'avais même pas pu profiter de mon acte en faisant l'amour une ultime fois avant d'être enfermé.
Mais, entre nous, vous savez ce qui me fait le plus mal dans cette histoire ? C'est que je m'emmerde tellement dans ma cellule que je ne man­que pas une seule soirée télé...



Alain SOLITE-2008

jeudi 20 novembre 2008

ELTON JOHN Elton jeune

Avant de devenir une sorte de clown burlesque un peu grotesque, faiseur de tubes mondiaux et idole du Caesar Palace, Elton JOHN nous a gratifié d’albums somptueux dont bon nombre se souviennent encore.


En 69, il publie « EMPTY SKY » qui rencontre peu de succès mais présente la particularité d’être proposé sous deux pochettes différentes dont l’une (US) illustré par FOLON.





Le second au titre éponyme se fait davantage remarquer grâce au hit
« Your Song » qui deviendra par la suite un de ses standards.







Cette même année 70 « TUMBLEWEED CONNECTION » nous offre une version du « Love Song » de LESLIE DUNCAN aux harmonies vocales aériennes particulièrement addictives.




C’est à partir de « MADMAN ACROSS THE WATER » en 71 qu’il trouve enfin son public même s’il reste encore restreint. L’album peut être qualifié de chef-d’œuvre et s’ouvre avec majesté sur un « Tiny Dancer » d’anthologie, 6’17 de délice avec un refrain inoubliable et un accompagnement de clavier entêtant. Les intonations expressives de la voix d’Elton et les orchestrations de Paul BUCKMASTER contribuent à enjoliver des mélodies déjà très inspirées « Madman Across The Water » « Indian Sunset » avec une tonalité un peu sombre que confirme « Goodbye » clôturant l’album sur une note mélancolique, Elton seul au piano.

L’album suivant « HONKY CHATEAU » en 72 renforce sa position, le duo Elton JOHN-Bernie TAUPIN est parfaitement au point, les musiciens forment un vrai groupe (guitariste Davey Johnstone, bassiste Dee Murray et batteur Nigel Olsson) et les mélodies sont toujours aussi efficaces « Rocket Man » « Mona Lisas And Mad Hatters » plus accessibles aussi « Honky Cat » et d’une manière générale plus rythmées « Hercules » « Susie (Dramas) » bien que cette facette ne soit pas celle que je préfère.

Un album par an c’est son rythme de croisière à l’époque, un rythme quasiment inimaginable de nos jours. « DON’T SHOOT ME I’M ONLY THE PIANO PLAYER » est à mettre tout contre « Madman » en plus enjoué hormis « Have Mercy On The Criminal » qui baigne dans une ambiance dramatique accentuée par les arrangements et la voix tout à fait percutante du maître des lieux. Les mélodies se succèdent à un rythme soutenu et sans faille « Teacher I Need You » « I’m Gonna Be A Teenage Idol », ce qu’il est en passe de devenir, sans oublier les deux tubes overdosés en radio la ballade « Daniel » et le sautillant « Crocodile Rock » qui vous donne envie de le danser même si vous n’en connaissez pas les pas. L’album est remarquable par la diversité des styles abordés et s’écoute d’une traite sans faiblir.
Son successeur va enfoncer le clou sous la forme d’un double album, exercice périlleux s’il en est, « GOODBYE YELLOW BRICKROAD » qui dépasse toutes les espérances et qui pour beaucoup constituera son apogée. Cela ne commence pas dans la gaieté puisque le premier morceau instrumental s’intitule « Funeral For A Friend » sans doute le plus majestueux de sa carrière et l’un des plus prenants. On pourrait dire que cet album est son « Songs In The Key Of Life » (Stevie WONDER) car aucun titre n’est faiblard que ce soit les ballades « Candle In The Wind » « All The Girls Love Alice » le rock « Saturday Night’s Always For Fighting » les mid-tempos « Bennie And The Jets » « Love Lies Bleeding » et le pur Elton « I’ve Seen That Movie Too » « Goodby Yellow Brick Road » ou encore « Harmony » qui conclut un album totalement maîtrisé.




L’album qui suit accusera une sérieuse baisse de régime malgré un hit
« Don’t Let The Sun Go Down On Me » de funeste augure.




Il redressera très vite la barre avec « CAPTAIN FANTASTIC » en 74, un album du genre autobiographie à deux têtes, la seconde étant celle de Bernie TAUPIN son éminent parolier, avec des ballades d’une beauté à couper le souffle d’un coureur de marathon « Someone Saved My Life Tonight » « We All Fall In Love Sometimes » « Curtains ». Elton joue encore sur les tonalités de sa voix « Tower Of Babel » ce qu’il ne fait plus guère de nos jours.



Un an plus tard il renouvelle la performance du double-album avec « BLUE MOVES » qui s’il n’est pas aussi parfait que le précédent sera son dernier effort réellement personnel avec des titres qui ne peuvent que subjuguer l’auditeur « Tonight » et sa longue intoduction symphonique ou la ballade qui tue « Sorry Seems To Be The Hardest Word ». Par la suite, notre ami connaîtra la traversée du désert avant un retour en grâce au succès phénoménal mais s'il n'a pas perdu le sens des mélodies il ne retrouvera que de loin en loin la touche unique qui faisait son style.

mardi 11 novembre 2008

LE "NOAO"

Pourquoi le patron m’a-t-il demandé de rédiger le compte-rendu ? Cela fait trois fois d’affilée que je m’y colle, paraît que j’ai des « facilités rédactionnelles », il a jamais dû voir mes carnets de notes. En tous cas, j’ai un problème car depuis une demi-heure le directeur de la production nous balance du « Noao » à toutes les sauces :
- Ce qui va nous différencier, c’est le « Noao » !
- Votre atout majeur, c’est le « Noao » !
- Les autres, ils ne l’ont pas le « Noao » !
Punaise, on a ce truc et on le savait pas, d’ailleurs dans l’assistance c’est la grande perplexité, il est où ? Certains supposent qu’il est dans la vitrine du bureau du Boss, mais franchement si c’est tellement exceptionnel je l’aurais remarqué les fois où je lui ai déposé des rapports.
- L’essentiel, c’est de ne pas perdre le « Noao ».
Il commence à nous saouler celui-là, on veut bien veiller sur la chose, on est cadre, on doit protéger la boutique, mais encore faudrait-il savoir de quoi on parle, mince !
Cà blêmit sévère dans l’assistance, manquerait plus qu’il désigne un responsable au titre de la surveillance, bon moi en un sens j’peux pas être à la fois rédacteur en chef et surveillant général, je m’concentre quand même sur la feuille, çà m’évite de trop le regarder. D’habitude je m’contente de taper mes notes, mais là va falloir que je synthétise pour mettre en évidence notre botte secrète face à la concurrence. C’est peut-être une sorte de talisman, non c’est pas le genre de la maison ici on est des pragmatiques (dixit-DirProd) ou alors une formule, une équation style 20ème degré, un machin qu’on rajoute et dont on a le secret exclusif, dans ce cas c’est enfermé dans la salle des coffres, ce qui expliquerait qu’on soit pas au courant. Cà suppute sévère dans l’assistance et cà à tendance à se tasser sur les chaises car dans les réunions y’a toujours un moment délicat, c’est celui du tour de table qu’on voit arriver gros comme une maison. Il y a déjà FORTRAN, le chef d’exploitation, qui s’éclipse victime d’un besoin pressant, mon œil !
- Qu’est ce que vous en pensez ?
Va falloir la jouer fine si on ne veut pas passer pour des billes, genre je fais comme si je savais ce que je sais pas. J’me lance :
- Cet atout majeur, ce « Noao » qu’on doit protéger, il faut être sûr que tout le monde autour de cette table en a la parfaite connaissance, il faut qu’il passe de l’un à l’autre, qu’on renforce encore l’esprit d’équipe.
- Excellent BARDIN ! m’entends-je dire pendant que je me replonge vite fait dans mes notes en me posant la question qui tue genre Schmilblic : le « Noao » est-il grand, petit, vert, à lunettes etc…
Dès que la réunion sera finie, je file dare-dare dans mon bureau et j’ouvre mon dico à la lettre N.
Tout le monde y va de son petit couplet en parlant pour ne rien dire et quand le Boss lève la séance en exprimant sa satisfaction de voir que « Le message est passé » chacun retrouve ses couleurs d’origine et s’en va vaquer à ses occupations, ignorant ses collègues de peur de passer pour un arriéré mental qui ne saurait pas ce qu’est un « Noao ».
D’ailleurs, entre nous, cà doit pas être si connu que ça car dans mon dico de poche, c’est même pas marqué. Je remets à plus tard ma frappe du compte-rendu, quand j’aurai pu compulser à la maison mon édition du Larousse en vingt volumes.
Quelle heure est-il ? 18h30, à 19h00 j’ai mon cours d’anglais par téléphone, j’ai juste le temps de vérifier quelques trucs sur mon manuel pour niveau intermédiaire.
Je le sors de ma sacoche et le pose sur mon bureau en regardant fixement le titre en couverture : « KNOW HOW ».



Alain SOLITE-Nov 2008

CHRISTOPHE Esthète de l'Art

Un choix forcément arbitraire car dans tous les albums de CHRISTOPHE il y a du cristal fragile et précieux, seule la fréquence de l’écoute fait la différence. Difficile à suivre dans ses interviews où les phrases commencent, restent en suspens, partent sur une autre idée, une sorte de voyage cosmique à la limite de l’abstrait, faut savoir décoder, sa musique est une source de sensations qui touche souvent au sublime et nous emmène dans une autre dimension. Une voix reconnaissable dès les premiers mots et une élégance que reflète bien le titre d’un album de 1978 « Le Beau Bizarre ».


Avant d’aborder les albums, quelques titres issus de 45 tours que l’on peut retrouver au gré de nombreuses compilations et qui méritent le détour, quelque soit le prix à la pompe. « Epouvantail » texte signé Etienne RODA-GIL au climat proprement envoûtant

«Rock Monsieur » face B percutante de « Belle » et dont, chose rare à souligner, il est l’auteur-compositeur « La Petite Fille du 3ème » un mini hit pour une maxi claque aux paroles signées par Gilles THIBAULT (Que Je T’aime, Ma Gueule etc…) dont le verso « Mère tu es la seule » est également mémorable et enfin « Une Autre Vie » parue en 76 dans une relative indifférence.




CHRISTOPHE est plutôt catalogué chanteur à minettes quand paraît en 73 « Les Paradis Perdus » qui est le 1er album a lui apporter une reconnaissance critique, aidé par l’exemplaire complémentarité du duo qu’il forme avec Jean-Michel JARRE dont les textes transcendent son allure de dandy raffiné, ce dernier s’illustrera également sur les deux meilleurs albums de Patrick JUVET avant que celui-ci ne s’évanouisse dans les brumes du Disco.Le titre éponyme vaudrait déjà à lui seul l’achat par la poésie dégagée et cette atmosphère romantique d’une grâce irréelle qui l’enveloppe de bout en bout entrecoupée d’un passage Rock du meilleur effet. « Emporte-moi » ou « Mama » rappellent l’éclectisme de CRISTOPHE aussi à l’aise dans la romance que dans le Rock teinté de blues.



« Les Mots Bleus » en 74 cartonne encore plus dans une veine sentimentale mais sans mièvrerie qui lui permet de conserver le public de ses tubes passés tout en fidélisant ses nouveaux adeptes qui se régalent du bluesy « Le Petit Gars » tandis-que « Senorita » passe en boucle en radio et que « Drôle de vie » renoue avec une certaine mélancolie sous-jacente dans beaucoup de ses œuvres. Plusieurs albums non dénués d’intérêt paraissent au long des années qui suivent mais sans rencontrer beaucoup de succès, à l’exception de titres très ''variété'' tels que « Petite Fille Du Soleil » ou encore « Succès Fous ».



Le virage déterminant va s’opérer en 96, soit quand même 16 ans après la parution de « PAS VU, PAS PRIS » son dernier effort de compositeur, avec la sortie de l’album « BEVILACQUA ». Sans nul doute, cela valait la peine d’attendre car notre allumé préféré a eu le temps de passer des nuits à trouver la note, le petit bout de synthé qui fait la différence, pour nous concocter un bijoux inclassable à des années lumières de la production courante. De l’émotion à l’état pur en dépit d’une utilisation intensive de l’électronique et des bidouillages maison qui révèle une nouvelle identité musicale. Pour la première fois CHRISTOPHE participe de manière significative à l’écriture des textes avec un nouveau parolier J.R. MARIANI, et Alan VEGA du groupe hypnotique SUICIDE pour un titre « Rencontre à l’as Véga ». ( ?!). Si le climat est différent « Taqua » « Le Tourne-cœur », CHRISTOPHE n’en a pas perdu pour autant le sens des mélodies accrocheuses qui vous bousculent de l’intérieur « Qu’est Ce Que Tu Dis Là » « Label Obscur » avec Patrice TISON, décédé en 2001, aux guitares. L’album se termine par une phrase parlée à sa façon, véritable profession de foi du chanteur :
‘‘ On sait qu’on peut être encore plus satisfait qu’mieux quoi
Parce qu’il y a toujours mieux…
Alors je cherche toujours ’’
Quand CHRISTOPHE décolle, je monte à bord…

Cinq ans plus tard, il atterrit enfin dans les bacs, mais la tête toujours dans les étoiles, avec « Comme Si La Terre Penchait » une sensation que j’ai d’ailleurs connue mais j’avoue que j’avais sans doute un peu trop bu… L’album démarre avec un titre qu’il dit improvisé en pleine nuit et que j’ai toujours adoré « Elle Dit, Elle Dit, Elle Dit… » ‘‘parfois de grosses conneries ’’. Un album encore plus pointu que le précédent qui renoue avec le romantisme à fleur de peau « Le Man », la mélancolie active « J’aime L’ennui » et la mélodie définitive « Comme Un interdit ». Un vrai travail d’orfèvre qui fait penser qu’il a fini par trouver ce qu’il cherchait.




Ben non ! Il faudra attendre jusqu’en 2008 (Le prochain album en 2017 ??) pour s’en apercevoir avec la parution de « Aimer ce que nous sommes » et son cortège de somptueux morceaux, nouvelle pierre angulaire de sa discographie. Il se paye même le luxe de l’autodérision avec « Interview de… » qui illustre parfaitement son circuit intellectuel ‘‘Tu vois c’que j’veux dire ?’’ demande-t-il, non pas vraiment, mais globalement oui !
« Tandis-que » « Parle Lui De Moi » « Mal Comme » ne sont pas près de quitter votre mémoire.



Je terminerai en vous conseillant vivement le DVD de son concert à l’olympia en 2002 qui révisite anciens et nouveaux titres avec une scène de marionnettes de beauté pure, la boucle étant ainsi bouclée.


lundi 10 novembre 2008

BESOIN D’AMOUR

Mon rêve a toujours été d’être reconnue pour mon esprit, mon intelligence et non pour mes yeux, le contenu de mon décolleté ou encore mes fesses que les hommes reluquent dés qu’ils m’ont croisée.
Bien sûr au début j’étais flattée et j’ondulais fièrement pour attirer les regards et la convoitise.
Mais ces aventures se sont vite révélées sans avenir et s’il m’arrivait d’ouvrir la bouche ce n’était pas pour prononcer des mots.
Je me suis donc concentrée sur mon travail et ma vie privée s’est trouvée réduite à quelques relations professionnelles et platoniques.
A trente-cinq ans, j’ai le sentiment d’avoir mon bâton de maréchal et la solitude me pèse.
C’est pour cette raison qu’il m’est venu cette idée sans doute saugrenue de proposer mes services bénévoles à l’association dont je contemple la porte d’entrée depuis déjà un bon quart d’heure.

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J’ai fini par me décider à entrer et depuis trois semaines je passe la majeure partie de mon temps libre à l’A.M.V. Je me suis intégrée avec une facilité déconcertante et je sens que ma présence est appréciée par les marques de sympathie et la gentillesse que me témoignent les adhérents, hommes comme femmes. C’est la première fois de ma vie que j’ai le sentiment d’exister pour moi-même et non comme un fantasme sexuel ambulant.

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Depuis 3 mois, je me suis liée de sympathie avec Olivier, pianiste de profession, mais je n’ai pas encore franchi le pas qui permettrait à ses doigts de quitter les touches de son instrument pour rencontrer la douceur de mes bas de soie. Pourtant, je n’ai aucun doute sur sa sincérité ni sur l’osmose de nos centres d’intérêt. Il va falloir que je me décide vite avant que la lassitude ne vienne tout gâcher. J’ai prévu de plonger le week-end prochain.

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Olivier s’est avéré un amant passionné et plein d’attention, la lumière peut rester allumée, je sais que ses yeux ne me jugeront pas. Cela fait à peine une quinzaine de jours que nous nous retrouvons plusieurs fois par semaine et j’ai l’impression qu’il me connaît déjà sur le bout des doigts. Que ce soit question musique, littérature, cinéma ou politique, nos échanges m’enrichissent plus que toutes ces vaines années passées.
Côté physique, je m’abandonne totalement à ses caresses et à ses désirs quels qu’ils soient.

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C’était trop beau pour durer, Olivier est mort la semaine dernière alors qu’il se rendait à son concert salle Pleyel. Un chauffard l’a renversé alors qu’il traversait la rue. Je suis vide à l’intérieur et je me referme comme une huître.
J’évite désormais que mes pas m’entraînent boulevard de la Madeleine car les larmes me viennent dès que j’aperçois l’enseigne de l’Association des Mal Voyants.

Alain SOLITE-2008

vendredi 7 novembre 2008

VALENSIA L'EXTRAVAGANCE MUSICALE 1ère Partie

Un artiste hors norme genre génie un peu azimuté de la coiffe dont la musique quasi surréaliste est un collage savant d’influences multiples qui vont du Rock à la Pop en passant par le classique, la musique orientale, l’opéra et j’en passe… En secouant le tout on obtient un véritable salmigondis musical qui peut aller du raffiné à l’indigeste.





VALENSIA GAIA (1993)



Chanteur et instrumentiste virtuose, VALENSIA sort son premier album éponyme en 1993, un régal pour tout amateur de mélodies à tiroirs et de vocaux surmultipliés.
« Tere » le titre d’ouverture est une fresque grandiose à thème surnaturel de 6’06 qui vous enveloppe littéralement dans ses arabesques musicales et vocales.
Tout comme pour son frère musical Robby VALENTINE, l’influence sous-jacente est celle de Freddy MERCURY qu’il parodie avec brio dans « T’Kylab ».
L’album mélange ballades d’une grâce irréelle « Nathalie » « My Heart Is In Your Hands » et morceaux alambiqués, véritables acrobaties vocales et instrumentales « Gaia » « Scaraboushka ». Difficile d’accès mais fascinant.





White Album (1994) (Import Japon uniquement)




Un mini Cd 5 titres qui débute par une chanson de Noël ( !) « 21 st Century Christmas Time » qui malgré son côté puéril nous ravit par son approche QUEENienne et son orchestration BEATLES, un peu mou mais délicat comme du chocolat fin. « The Ex-(July July) » prend du rythme et une fois mémorisé s’avère plus difficile à effacer qu’un tatouage dédié à votre ex sur votre anatomie. Quand vient ensuite une extraordinaire version de « A View To A Kill » des Duran Duran, c’est le paradis, le nec plus ultra du raffiné, à passer en boucle pour l’éternité. Et pour finir une histoire d’amour et de mort « Swinging The Swan », une ballade romantique de 2’35 à faire craquer les plus endurcis. Savoureux mais un peu court.





K.O.S.M.O.S ou VALENSIA II (1996)




VALENSIA en pleine excentricité musicale mélange allègrement les genres et les instruments, de l’accordéon au synthé en passant par le saxo ou la guitare. Le résultat s’avère lourd à digérer et nécessite une ouverture d’esprit grand angle. Les multiples changements de tempos et de mélodies empêchent d’accrocher véritablement à l’exception de « The Masquerade » et de « Blasphemian Charlatan » hommage à qui vous savez comme le suggère son titre. Un exercice de laboratoire déconseillé aux profanes.






VALENSIA III Millennium (1998)



Retour à l’efficacité et à la simplicité avec des compositions Rock « Let’s Talk About Me » « Love Me » « Dead Or Alive » avec guitares qui décoiffent, voire FM « (Why Don’t You)Give A Little Something » et ballades acoustiques « The Beating Of My Heart ». Le côté frapadingue et baroque n’est pas exclus « Gantenbrik » ou encore « Millenium » digne d’un Freddy MERCURY sous acide. Un bon compromis pour aborder le prochain millénaire.






Gaia II (2000)



K.O.S.M.O.S II aurait été un titre plus approprié car VALENSIA renoue avec son inspiration débridée pour des compositions aux passages parfois ZAPPAiens époque Roxy And Elsewhere « Electric Lady House » « Maïke & Veronique ». Il lorgne parfois du côté de POLICE « Celeste » et paraphrase littéralement la Reine avec « Phantom Of Paradise ».
L’album se termine par un « Requieme For Jacqueline » impressionnant dédiée à sa défunte mère. Un opus difficilement accessible réservé aux fans d’élucubrations instrumentales et vocales.




LUNA LUNA (2001)





Retour à la sagesse, toute proportion gardée, avec ce mini CD 6 titres. Des mélodies que l’on retient « The Moon » mais trop souvent noyées dans des déluges orchestraux.

jeudi 6 novembre 2008

Robby VALENTINE QUEEN's touch

Lorsqu’il paraît en 1992, le premier album éponyme de Robby VALENTINE fait l’effet d’une bombe auprès des amateurs de Hard FM et de hard mélodique à tendance symphonique.Il faut dire que l’intro aux claviers du premier titre « The Magic Breeze » a de quoi convaincre les incrédules plutôt déconcertés par la coiffure genre crinière léonine de la demoiselle en pochette qui s’avère d’ailleurs être un homme.



1992 - Robby Valentine (Bonus tracks sur l’édition japonaise)



Le chant et les orchestrations démontrent une fascination évidente pour QUEEN et particulièrement pour Freddie MERCURY comme en témoigne la métamorphose du titre
« Here, There And Everywhere » issu de l’album « REVOLVER » des Fab Four.
Je vous recommande « Over And Over Again » ballade exquise qui vous donne illico envie d’aller faire un saut (si je puis dire) chez votre voisine de palier et « I Believe In You » semi-ballade dont le tempo s’accélère à mi-chemin pour un final opératique.



1993 - The Magic Infinity (Bonus tracks sur l’édition japonaise)



Même punition, même plaisir, à l’écoute de ce second opus dans lequel Robby excelle de nouveau dans la grandiloquence « Valentine’s Overture Part Two ». La partie One figure sur le pressage japonais du premier Cd ainsi que sur le Best of « No Turning Back »
Cependant, à part ce morceau fleuve, l’influence QUEENienne est nettement moins prononcée et la guitare de Rob WINTER plus présente. Deux ballades à réconcilier des adversaires en face à face présidentiel « Angel Of My Heart » et « Don’t Make Me Wait Forever ». Peut-être un peu moins percutant que le précédent mais je chipotte.



1995 - Valentine (Un bonus track sur l’édition japonaise)




Un album mélancolique qui manque de punch, à l’exception du rythmé « Just For Fun », et aux consonances classiques prédominantes. Robby démontre d’entrée avec « God » qu’il est difficile de se départir de ses influences et que « Bohemian Rapsody » n’a pas fini de le hanter.
Les claviers sont au premier plan et les chœurs qui viennent soutenir les refrains oscillent entre QUEEN et BEATLES mais le rythme languissant des compositions en fait un album mineur dans sa discographie.



1997 - Valentine 4 – United



Cette fois Robby a calmé ses ardeurs classiques même s’il nous gratifie d’un somptueux « Concerto For The Unconditional Love » avec un véritable trio à cordes. Ce retour aux sources lui permet de retrouver une vigueur certaine, comme disait votre ex.
« Don’t Tell Me » « Don’t Let The World Fall Down On You » deux titres avec basse et Beat en avant (Dixit Clara Morgane), savant dosage de guitares (Vinny KAY) et de claviers, de chœurs surmultipliés et de breaks incessants sans oublier la touche QUEENienne de rigueur.




1998 - No Sugar Added



Robby s’amuse comme un fou avec ses synthés et nous délivre des compos à base de guitares plus tranchantes qu’à l’accoutumé et sur des tempos plus rapides « It’s All About… ». Le point fort reste les refrains aux voix multiples « Back 2 Mars » « Blinded By Love » « Never II Late », ma préférée pour son chorus à la ASIA. Pédale douce sur les ballades donc un album moins sucré, comme l’indique son titre.




2000 - Believing is Seeing



Responsable de la quasi totalité des instruments, Robby est particulièrement convainquant sur les mid-tempos « A New Tomorrow (Let The Dream Begin) » « Make Way ( For The Messenger) » avec accompagnement de violon « The Way To Get Home (Lonely Nights, Lonely Days) ». Certaines compos possèdent la touche de son pote VALENSIA « Truth Will Out » tandis-que « Fear Of Height » est un hommage non dissimulé au « Kashmir » de Led ZEP. La semi-ballade « Now, Forever And 1 Day » assure le final en beauté avec ruptures de rythme et envolée lyrique. Un des meilleurs albums du Maître.



2006 - The Most Beautiful Pain (Trois bonus tracks sur l’édition japonaise)




Un album inégal sur la longueur mais qui démontre une réelle volonté de changement sur plusieurs titres dans lesquels Robby VALENTINE sort l’artillerie lourde avec guitares heavy à l’appuie « I Should Have Known Better » « Exodus Elephantes » « A New World ». Un album plutôt rythmé dans lequel il se renouvelle tout en confirmant sa maîtrise des instruments les plus divers et son talent de mélodiste « One Of These Day » « How many Times ». Un album de transition pour une orientation à confirmer.



2007 - Falling Down In Misanthropolis (Deux bonus tracks sur l’édition japonaise)




Un retour à l’excellence du 1er album avec davantage de puissance et de hargne, les guitares arrachent, « Falling Down » « Rock Me Like A Hurricane ». Même la voix trouve des inflexions jusqu’alors insoupçonnées « 4th Rate Razorback » électro-rock de bonne venue « Flick Of The Wrist » dans lequel l’influence de QUEEN est toujours présente mais en filigrane. Une superbe ballade « Searching Forever » pour les fans de la première heure, histoire de leur dire qu’il n’a pas complètement changé.

Pour les complétistes, il existe deux albums avec VALENSIA
V et V2, un troisième est sous le coude d’une compagnie japonaise, mais c’est loin d’être ce qu’ils ont fait de mieux.









Le prochain album de Robby VALENTINE est attendu le 17 Décembre prochain en pressage Japonais, il s’agira d’un Best Of avec des titres réarrangés les guitares en avant, intitulé
« ANDROGENUIS » il démontre un grand sens de l’auto-dérision quand on connaît le physique du bonhomme et ses capacités artistiques.
 

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