lundi 16 mars 2009

BASHUNG TOUCHE PAS A MON POTE

Nous étions sûrement beaucoup à crier Alain pour qu’il revienne mais l’espoir vient de s'envoler…
Les dernières Victoires de la Musique furent un moment de joie tempéré de tristesse et d’émotion devant le courage de cet artiste hors normes.
Entre 66 et 73, BASHUNG a sorti une dizaine de 45 tours variété , a eu un petit succès avec « Oh la hey » composé pour Noël DESCHAMPS, puis s’est occupé de trois albums de Dick RIVERS avant de reprendre une carrière qui va l’imposer comme une figure majeure pendant trois décennies.

ROMAN PHOTOS (1977)
Un album déjà remarquable par l’élégance des mélodies et l’originalité des textes de Daniel TARDIEU et de Boris BERGMAN mais encore à cheval sur la variété « Roman photos ».
Plusieurs titres se détachent bien qu’indélébiles « L’amour c’est pas confortable » « Le pianiste de l’Eden » « Blablas ». BASHUNG n’a pas encore trouvé sa voix ni son public.


ROULETTE RUSSE (1979)
On prend les mêmes et on recommence mais dans un ton plus rock et plus rebelle voire provocateur « Toujours sur la ligne blanche » « Je fume pour oublier que tu bois ».
Des mélodies bien à lui « Pas question que je perde le feeling » et un titre majeur qui porte bien son nom « Bijou Bijou ».
BASHUNG a trouvé sa voix mais pas encore son public.



Le 45 tours qui paraît en 80 « Gaby oh Gaby » va cartonner dans les hits parade et intégrera avec sa face B « Elle s’fait rougir toute seule » l’album « Roulette Russe » en lieu et place des deux titres initiaux « Milliards de nuits dans le frigo » et « Les petits enfants ». Le texte de « Gaby » fait rétrospectivement froid dans le dos : ‘En r'gardant les résultats d'son check-up un requin qui fumait plus à rallumé son clope ça fait frémir, faut savoir dire stop’…

PIZZA (1981)
Le couple BASHUNG/BERGMAN en état de grâce ou comment allier reconnaissance critique et engouement du public. « Vertige de l’amour » un tube vertigineux qui éclipsera à tort d’autres pépites telles que « Rebel rebel » « Retours » ou « Cà cache quek’chose » dans lequel Boris BERGMAN s’en donne à cœur joie dans les jeux de mollets.
L’album le plus résolument Rock de notre conquistador préféré et celui qui voit l’apparition des synthés jusqu’alors ignorés.


PLAY BLESSURES (1982)
Avec Serge GAINSBOURG, ou comment la rencontre de deux génie donne naissance à un OVNI discographique difficile à avaler mais qui reste un monument de énième degré, avec ou sans glace. « C’est comment qu’on freine ».





FIGURES IMPOSEES (1983)
L’un des mal-aimés de sa discographie qui voit l’arrivée d’un nouveau parolier Pascal JACQUEMIN. Un album aux mélodies subtiles et aux textes plutôt abscons « What’s in a bird » « Horoscope » « Imbécile ».


PASSE LE RIO GRANDE (1986)
Un album à l’humour potache, pas le meilleur à mon goût, mais « Malédiction » c’est pas dégueu comme aurait dit Serge.




NOVICES (1989)
Un titre à double-sens, retour de Boris BERGMAN et arrivée de Jean FAUQUE pour de nouvelles aventures imminentes. « Bombez » mais pas trop. Plutôt New-wave l’album passe à côté de son public.


OSEZ JOSEPHINE (1991)
Nouveau tandem de choc avec Jean FAUQUE pour l’un des must de sa discographie « Osez Josephine » « Madame rêve », la classe, une musique commerciale mais ni pute ni soumise.





CHATTERTON (1994)
Same players shoot again et décrochent une nouvelle timbale « Ma petite entreprise ». Comme le titre l’annonce, l’album contient des morceaux qui adhèrent au cerveau une fois entendus « A perte de vue » « J’ai longtemps contemplé » et tous les autres.



FANTAISIE MILITAIRE (1998)
Comment faire mieux quand on a déjà atteint le sommet, notre ami BASHUNG n’a pas de limites mais dans l’armée on a des réserves. Beauté et poésie en haut des classements on avait pas vu ça depuis… « La nuit le mens » « Sommes-nous ». En haut de la pile.



L’IMPRUDENCE (2002)
Un album gonflé, voir imprudent, le seul qui m’ai laissé de marbre, des mélodies trop désincarnées pour moi. « Faites montez », j’ai pas réussi.





BLEU PETROLE (2008)
La fin est au bout, on ne le sais pas, et cela fait mal aux tripes aujourd’hui. Retour de BASHUNG l’interprète pour un album sur-mesure « Résident de la république » avec la collaboration de pointures du genre Gérard MANSET « Comme un lego ».
Y a des jours comme ça où l’on n'a pas le moral.

mardi 17 février 2009

ANATHEMA LE FLAMANT NOIR

CRESTFALLEN/SERENADES (1992/1993)
C’est pas Charlie Hebdo chez les CAVANAGH Daniel et Vincent, on doit pas rigoler tous les jours. Doom/Death metal plombé déconseillé si crise existentielle car on touche au morbide. Tendance grosse voix qui fait peur (Darren J White) traversé de moments d’une grâce angélique « J’ai fait une promesse » « Everwake » et leurs vocaux féminins. De grosses guitares tenues par les deux frères, une basse et une batterie imaginatives, et des instants atmosphériques « Crestfallen » « Dreaming the romance » (23’23) qui préfigurent l’orientation future. Plus efficace que des cotons tiges.


THE SILENT ENIGMA (1995)
Exit le premier chanteur, Vincent se charge des vocaux, les arrangements se font plus subtils, l’intro de « Restless oblivion », le climat de « Sunset of age » avec ses breaks et autres ruptures de rythme, l’ambiance est plus mélancolique que déprimée « …Alone » avec de nouveau une voix féminine sur une musique quasi liturgique. Les arpèges de « A dying wish »
ouvrent l’espace sur une composition de 8’ où violence et douceur s’entrecroisent. On commence à diminuer les doses de Doliprane.



ETERNITY (1996)
Métamorphose orchestrale et vocale, on accède à la beauté : délicatesse des arrangements et inspiration mélodique, même quand cela s’énerve « The beloved ». Le morceau éponyme en trois parties est une vraie claque aux accents FLOYDiens avec des guitares limpides et cristallines, la basse de Duncan PATTERSON qui tisse sa toile et des nappes de claviers proprement envoûtantes. Le groupe nous offre une composition de David GILMOUR « Hope » à laquelle il ajoute sa touche perso de pesanteur. On est toujours en quête existentielle mais dans un registre calme sinon apaisé « Suicide veil ». Un album habité d’une âme qui bouleverse l’auditeur « Radiance » avec un effort phénoménal sur le chant et les orchestrations « Ascension ». On est proche du sublime.



ALTERNATIVE 4 (1998)
L’album de Duncan PATTERSON ou presque qui signe 6 des 10 titres et qui quittera le navire peu après. Dés l’intro pianistique de « Shroud of false » on est carrément subjugué et le texte est à l’avenant ‘We are just a moment of time’. « Fragile dreams » qui suit, dû à la plume de Danny CAVANAGH, enfonce encore le clou avec un titre bourré d’énergie mesurée. On embraye la 5ème avec « Empty » en ménageant un petit break de piano avant de repartir à la charge. Autre très grand titre avec « Lost control », son piano, ses guitares acoustiques et ce chant magnétique ( !?) avant l’arrivée des guitares électriques pour un final grandiose. Un monument d’harmonies en apesanteur, de finesse et d’émotion, dont chaque écoute renouvelle l’intérêt.






JUDGEMENT (1999)
Un an plus tard ils reviennent avec un album encore plus abouti, une invention mélodique au zénith « Deep », des climats prenants « Destiny is dead » qui met la basse à l’honneur, des arrangements aériens « Forgotten hopes », « Don’t look so far » et son travail sur les voix avec contre-chants féminins. Une nouvelle fois plane l’ombre du FLOYD « Emotionnal winter » déchirant, les guitares magistrales de « Wings of gold » et son final instrumental en apothéose. Le piano, la guitare acoustique et la voix de Vincent sur « Anyone anywhere » vous donnent des frissons d’extase. Et si le Paradis existait ?






A FINE DAY TO EXIT (2001) A NATURAL DISASTER (2003)
Grande déception à l’écoute de ces deux albums, l’inspiration est à sec, les mélodies ressemblent à de vagues mélopées inconsistantes « A fine day to exit », « Temporary peace » qui s’étire interminablement sur 18’26 de vide cosmique dont 5’ de silence total, si j’étais méchant peut-être le meilleur passage… On lorgne parfois du côté de la Pop « Pressure », on frôle la monotonie « Release » « Leave no trace ». Encore quelques éclats de beauté pure « Looking outside inside » grâce au travail vocal de Vincent et aux guitares incisives de Danny. La magie a disparu, ce sont comme des litanies sur des musiques privées d’âme « Balance » avec des guitares qui tournent à vide « Harmonium » des voix vocodées « Closer ». « Are you there » retrouve des accents atmosphériques et romantiques mais c’est un peu court. Comme c’est dur de brûler ce que l’on a adoré, les titres des albums étaient-ils prémonitoires ?

mardi 10 février 2009

Jean-Claude VANNIER ESPRIT DANDY


L’une des premières fois où son nom apparaît sur une pochette d’album il s’agit de « Brigitte FONTAINE est…folle » (68) pour lequel il compose « Il Pleut » et assure toutes les orchestrations. En 69, il est l’arrangeur de la BO de « Slogan », le film qui permit la rencontre de Serge GAINSBOURG et de Jane BIRKIN. Deux ans plus tard parait « Histoire De Melody Nelson » qu’il a co-écrit (beaucoup plus qu’il n’est dit) avec Serge et qui sera suivi de près par la BO du film « Cannabis ». Devenu arrangeur et compositeur recherché, il offre en 73 à Michel JONASZ son premier vrai tube « Super Nana ».


Jean-Claude VANNIER (1975)

Un premier album qui fait mouche avec des mélodies évidentes et des textes pas si éloignés de Maître Serge « Divas Divines » « Strato nimbus » « Mimi mimi mimi » « Papa coton » , le tout dopé par sa science des arrangements élégants et sa finesse d’exécution. Il interprète également sa propre version de « Super Nana ».Un parfait dandy qui entre dans la lumière.



Des coups de poings dans la gueule (1976)
Le second n’a rien a envier au précédent et nous propose des titres chocs comme « Des coups de poings dans la gueule » avec notamment « Depuis que tu m'aimes, je m'aime » « Habitants de Bécon-les-Bruyères » « La chanson de la pluie » « Toutes ces photos dans ton album ». Mélancolie distanciée, univers insolite, humour et musicalité des mots.




En 78, il publie un 45 tours peu inspiré qui passe inaperçu « Merde, v’là l’printemps », à noter que la face B « Maman dis » est co-écrite par Michel JONASZ.



Pauvre muezzin (1978)

On respire car ce nouvel effort nous permet de retrouver un VANNIER en pleine forme musicale et poétique. D’entrée « Pauvre muezzin » s’avère du genre obsédant et la suite est toujours aussi inspirée « L'amour c'est comme du savon noir » « Les petits bouts de verre cassé » « Debussy s'en fout ». Quand on sait que VANNIER est un autodidacte, on a envie de parler de génie créateur.


A quand une réédition Cd ???? !!!!!!

J’avoue hélas qu’après ces trois albums j’ai décroché car je n’ai jamais retrouvé la parfaite symbiose entre textes et mélodies qui baignait ses premiers titres.

lundi 26 janvier 2009

Lou REED BABY LOU SEVENTIES

« LOU REED » (1972)
L’album désenchanté et désenchanteur « Going Down », entouré de musiciens bien éloignés de son personnage sulfureux ( Steve HOWE, Rick WAKEMAN (Yes), Caleb QUAYE (Elton John Band)), Lou REED recycle des compositions inédites du Velvet Underground pour un album petit bras et mal produit. Une curiosité, la version longue de « Berlin » qui figurera sur l’album éponyme un an plus tard. Pour la collection.



« TRANSFORMER » (1972)
BOWIE
comme… et sa venue régénère son idole. Les arrangements de Mick RONSON, ses riffs de guitare en acier trempé et les chœurs de David BOWIE transcendent des mélodies particulièrement inspirées « Perfect Day » « Make Up » « Hangin’ Round » « Satellite Of Love » . La crudité des paroles n’empêchent pas « Walk On The Wild Side » de devenir un hit planétaire. Un album irrésistible.




« BERLIN » (1973)
Dès les première mesure du titre qui donne son nom à l’album le ton est donné, on verrait bien un bar à putes, des junkies dans les toilettes, le tout sur fond de verres d’alcool qui s’entrechoquent. La production de Bob EZRIN, les guitares de Dick WAGNER et de Steve HUNTER concourent à faire de « BERLIN » un album phare des années 70. L’ambiance décadente n’est pas à la rigolade « Sad Song » mais tout est d’une noire beauté. Moins commercial que son prédécesseur et pourtant truffé de pépites inaltérables « Lady Day » « Caroline Says » « Men Of Good Fortune » « How Do You Think It Feels ». Carrément indispensable.

« ROCK AND ROLL ANIMAL » (1974)
Dominé par les guitares « Sweet Jane » de Steve HUNTER et Dick WAGNER, ce Live est une pure tuerie qui révisite avec éclat certains des plus fameux titres de la période Velvet « Heroin » « White Light - White Heat » mais un seul de la période solo « Perfect Day » issu de « TRANSFORMER ». Un vrai Live de chevet.




« LIVE » (1975)
Moins convainquant que « ROCK AND ROLL ANIMAL », l’album met cette fois l’accent sur la période solo et ne propose qu’un titre du V U « I’m Waiting For The Man ». Dispensable.






« SALLY CAN’T DANCE » (1974)
L’un de ses albums les plus accessibles et commerciaux « Sally Can’t Dance » « Ride Sally Ride » « Animal Language » bourrés de choeurs féminins, des ballades ultimes « Baby Face » « Ennui » et des titres à ranger parmi les classiques le sax de « Billy » le nauséeux « Kill Your Sons ». Indispensable mais renié par l’auteur.





« CONEY ISLAND BABY » (1976)
Lou REED
fait patte de velours avec grâce et élégance « Coney Island Baby » « Kicks » ou « She’s My Best Friend » recyclé du V U. Un incontournable certifié Lou REED véritable.






« STREET HASSLE » (1978)
Le morceau titre avec ses violoncelles agacent un peu les nerfs sensibles mais déclenche par ailleurs un envoûtement quasi irrésistible. Un effort de renouvellement qui mérite récompense.






« THE BELLS » (1979)

Pour certains expérimental, pour moi insupportable, même la voix. « The Bells » à la rigueur mais dans le genre Free Rock déjanté je préfère « The End Of An Ear » de WYATT.
Si en gros manque, et encore.




« ROCK AND ROLL HEART » (1976)
Un album de croisière low cost dont on retiendra « You Wear It So Well ». Pour les mordus.

DONALD E WESTLAKE Sacrée Soirée

Si 2008 fût une année sombre pour les boursicoteurs, elle se termine dans le drame pour les amateurs de romans policiers avec la mort de Donald E WESTLAKE (1933-2008) décédé d’une crise cardiaque dans la nuit du 31 Décembre : vous parlez d’un réveillon pour quelqu’un qui nous a fait mourir de rire ! sauf que nous, nous sommes toujours là et qu’on aurait bien aimé rigoler encore un peu.
Dans la catégorie des auteurs prolifiques, WESTLAKE occupe une place de choix : plusieurs dizaines de romans et 5 recueils de nouvelles, la plupart du temps excellents.
Quatre personnages sont récurrents dans son œuvre :

Dortmunder, le cambrioleur malchanceux et plutôt allumé, roi des coups tordus, apparaît dans une douzaine de romans délirants, c’est la veine humoristique de WESTLAKE.
Parker, l’as de la cambriole, froid et cynique, aux plans savamment étudiés, est le héros de deux douzaines de livres, écrits sous le pseudo de Richard STARK.
De même que Grofield, un acteur de théâtre complice de Parker qui figure en personnage central de 4 titres.
Enfin Tobin, un ancien flic dépressif et névrotique rongé par un sentiment de culpabilité apparaît dans 5 romans, écrits sous le pseudonyme de Tucker COE.

Les autres romans sont inclassables et se partagent entre humour et sérieux avec une imagination sans borne et une science de l’intrigue tout bonnement phénoménale.

Je vous recommande en priorité les romans ci-dessous qui vous donneront certainement envie de lire tous les autres.











mardi 20 janvier 2009

DICK ANNEGARN DICK ADDICT

Dick ANNEGARN fait partie des rares auteurs compositeurs qui ont su faire swinguer la langue française, une qualité qu’il partage notamment avec Gainsbourg, Jonasz, Charlélie Couture et parfois Manset.

DICK ANNEGARN (1973)
Humour et poésie à tous les étages, un toucher de guitare particulier, des mélodies qui accrochent immédiatement l’auditeur, notre hollandais Bruxellois nous offre d’entrée de jeu un album indispensable. « Pas besoin de sous pour être bien, pas besoin de vin pour être saoul » il suffit d’écouter le disque pour être convaincu. « Sacré Géranium » « La Transformation » « Bébé Eléphant » « L'institutrice » « Le Grand Dîner » « Bruxelles » et toutes les autres font preuve d’une réelle originalité avec laquelle il est impossible d’établir la moindre filiation. Dick considère toutes ces chansons comme des exercices de style, n’en déplaise à l’auteur ce sont d’authentiques chef-d’œuvres.

DICK ANNEGARN (1974)
L’année suivante, il nous en remet une couche, une inspiration similaire c’est à dire foisonnante, avec toujours ces textes quasi surréalistes dotés d’une large dose d’humour et véhiculés par des mélodies entêtantes et un phrasé unique. « La Fille M'a Dit » « Polymorphose » « Tourne En Rond » « Adieu Princesse » «Frizoschenie » « La Mer ». Notre Duduche grandeur nature s’avère un maître de l’agencement des mots et des mélodies instantanées.






DICK ANNEGARN (1975)

Du genre intarissable, il rempile un an plus tard, c’est son rythme de croisière, avec un troisième album dans la lignée des précédents pour ce qui est d’une certaine excentricité dans le propos « Mireille » mais qui inaugure des tentatives réussies de sortir des schémas établis comme avec « Nicotine Queen » d’inspiration plus Rock. « Maison A Vendre » « Golda » « Coutance » ou encore « L’égotiste » viennent rejoindre les classiques de notre olibrius.






VA/ORPHELINE PARISIENNE (1975)

Pour faire bonne mesure, il nous offre la même année un 45 tours avec deux faces inédites dont la remarquable « ORPHELINE PARISIENNE » introuvable en Cd car absent des compiles, ce qui mériterait bien une pétition.





ANTICYCLONE (1976)

Notre ami commence à ruer dans les brancards, les contraintes et le star system c’est pas sa tasse de thé, il s’impose à la production de cet album qui montre un léger déclin d’inspiration malgré quelques titres tout aussi flamboyants que les anciens « Albert » « Duduche blues » « Judas Iscariote » « L’homme De L’aube ». Il ne va pas tarder à péter les plombs, à rompre avec l’industrie du disque et à se faire plus rare et plus confidentiel.





DE CE SPECTACLE ICI SUR TERRE (1978)

Un dernier pour la route, un double album en public enregistré à la Maison des Arts de Créteil qui nous permet de retrouver ses standards plus un bon paquet d’inédits comme « Nogent Sur Marne ». Ses interventions entre les chansons mettent en évidence son humour caustique qui se muera progressivement en une certaine aigreur. (Cf son passage chez Laurent RUQUIER en Janvier 2009 dans On n’est pas couché sur France 2)




BRUXELLES BEST OF 2 CD (1996)
Un excellent long raccourci ( ?!) en 40 titres pour faire connaissance avec un artiste qui a plus ou moins sabordé en partie une carrière prometteuse.

jeudi 15 janvier 2009

The CREAM CREAMOSCOPIE

Nous sommes en 1966, tout le monde connaît Eric CLAPTON qui a fait partie des YARDBIRDS puis des BLUESBREAKERS de John MAYALL, mais plus rares sont ceux dans le public Pop qui ont entendu parler de Jack BRUCE (Basse) et de Ginger BAKER (Batterie). Ces derniers ont fait partie de la Graham Bond Organisation avant que le premier ne rejoigne les Bluesbreakers. Jack BRUCE est donc le trait d’union quand ils décident de fonder CREAM, une sorte de super groupe avant l’heure.
Après deux quarante-cinq tours en guise de chauffe « Wrapping Paper » et « I Feel Free » paraît leur premier album.

« Fresh Cream » (1966)

Nos aviateurs ont le blues et cela s’entend « Spoonful » (Willie DIXON) « Rollin' And Tumblin' » (Muddy WATERS) mais leurs premières compositions leur confèrent déjà une part d’originalité et un sens de la mélodie qui les démarquent du mouvement British Blues Boom « N.S.U. » « Dreaming ». On trouve une autre excellente reprise « I'm So Glad » de Skip James. Ginger BAKER compose un morceau à la batterie de 5’09 « Toad », un exercice de style qui finira par devenir indigeste en concert. Je me souviens m’être endormi pendant le set de certains groupes dont je tairai le nom.

« Disraeli Gears » (1967)
Une pochette psychédélique avec un CLAPTON à la coupe de cheveux Hendrixienne. Une palanquée de titres mémorables qui deviendront des classiques « Sunshine Of Your Love » « Tales Of Brave Ulysses » « Strange Brew » « Swlabr ». Les textes de Pete BROWN contribuent à apporter au groupe une réelle identité qui dépasse la réunion de trois musiciens prodigieux. Un indispensable qui existe en version De Luxe avec une véritable curiosité : Eric CLAPTON au chant sur le « Blue Condition » composé par Ginger BAKER.



« Wheels of Fire » (1968)
Le double album de rigueur à l’époque pour tout groupe majeur qui se respecte, mais cette fois il s’agit d’un album en studio et d’un autre en public. A moins d’être un fana du genre, ce dernier à du mal à passer de nos jours mais à l’époque on se régalait de morceaux interminables prétextes aux soli débridés de pointures comme nos trois lascars. Moins immédiat que son prédécesseur l’album studio contient néanmoins son lot de morceaux cultes « White Room » « Politician » « Those Were the Days » et des reprises incontournables « Sitting on Top of the World » (Howlin' Wolf) « Born Under a Bad Sign » (Booker T. Jones, William Bell).



« Goodbye » (1969)
Un dernier petit tour avant de partir, trois titres Live et trois autres en studio dont on retiendra principalement « Badge » co-écrit par Eric CLAPTON et Georges HARRISON dont on reconnaît l’empreinte musicale dès les première notes.








En 94, BAKER et BRUCE s’associeront avec Gary MOORE pour un nouveau power trio BBM, ils publieront l’album « Around the Next Dream » mais la sauce ne prendra pas malgré ses qualités et l’histoire n’aura pas de suite.
 

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